Un découpage politique très politique

6 janvier 2014 - communiqué de presse

   Comme dans beaucoup de départements, le découpage cantonal est sujet à contestation : le Pas-de-Calais n’y échappe pas. Comme tout découpage électoral, il est forcément politique, visant à favoriser l’élection ou la ré-élection des candidats du pouvoir en place.

 

       Ce constat est aggravé par la modification du mode de scrutin qui devient binominal, c’est-à-dire que nous élirons dans chaque canton deux conseillers départementaux à la fois, ce qui revient par analogie à élire deux maires dans une même commune. Au nom de la parité hommes / femmes, on constitue des cantons hypertrophiés de 50, 80 ou 100 communes et plus, ce qui accroit la distance entre l’élu et l’électeur, ce qui est regrettable.

       Le découpage cantonal du Pas-de-Calais suscite quant à lui deux remarques essentielles.

-       Il n’a pas toujours respecté les intercommunalités, ce qui est regrettable puisqu’aujourd’hui la réalité du pouvoir se situe à cet échelon : c’est le cas du Calaisis, de l’Audomarois, de l’Artois. Il existe certes une recommandation du Conseil d’Etat de ne pas s’écarter de plus de 20% de la moyenne démographique cantonale de 37 471 habitants, mais ce n’est pas la loi : le canton de Marquion peut donc parfaitement rester dans l’intercommunalité qu’il forme avec Osartis, en dérogation de cette règle.

-       On pouvait par conséquent découper autrement, mais des raisons politiques l’ont évidemment emportées :

·       la ville d’Arras pouvait être divisée en 2 plutôt qu’en 3 ;

·       dans le Boulonnais et le Calaisis, il était possible d’aménager des cantons plus ruraux respectueux des intercommunalités ;

·       on voit même des paradoxes : ainsi, Auxi-le-Château bien qu’excentrée deviendra chef-lieu de canton de l’Hesdinois.

 

        En conclusion, le Ministre de l’Intérieur a manié le ciseau avec habileté pour permettre au PS de rester dominant dans le Pas-de-Calais. On peut regretter que la loi n’ait pas instauré le scrutin proportionnel dans les agglomérations urbaines pour permettre une représentation plus juste et équilibrée des familles politiques.

         Bref, il y a un gagnant, c’est la parité, et deux perdants, la proximité et le pluralisme.  Néanmoins, ce sont les électeurs qui trancheront en 2015.