La réforme des retraites que propose le gouvernement n’est pas encore votée qu’elle suscite déjà beaucoup de critiques.

2 septembre 2013 - communiqué

D’après les informations émanant du Premier Ministre, on peut faire l’analyse suivante.

 

Trois paramètres du calcul seront sollicités et rapporteront 7 milliards d’euros en 2020 pour couvrir le déficit du régime général :

1)   les cotisations salariales et employeurs augmenteront dès 2014 (1,5 %), pour atteindre 0,3 % en 2020 (gain espéré : 4,4 milliards) ;

2)   le montant des pensions, sauf pour les petites retraites, baissera, la revalorisation se faisant au 1er octobre contre le 1er avril actuellement (gain espéré : 1,4 milliards) ; les bonus de 10% pour parents de 3 enfants seront fiscalisés (gain espéré : 1,2 milliards) ;

3)   la durée de cotisation passera progressivement de 41,5 années en 2020 à 43 années en 2035 (gain espéré : 2,7 milliards en 2030).

Comme on le voit, le gouvernement a refusé de modifier l’âge légal de départ à la retraite.

 

Des dépenses nouvelles apparaissent pour financer des mesures de justice :

-       le compte pénibilité, mesure ambitieuse mais délicate à mettre en œuvre alors que le groupe Union Centriste la préconisait dès 2010, va coûter 500 millions d’euros en 2020 puis 2 milliards en 2030 : ce sont les entreprises qui paieront, mais le gouvernement a promis de compenser ces cotisations supplémentaires par une réduction progressive des cotisations des employeurs pour la maladie et la famille ;

-       les cotisations trimestrielles seront facilitées ou ouvertes (coûts estimés à plus de 400 millions) :

  • pour les temps partiels (femmes),
  • pour les apprentis ou étudiants en alternance,
  • pour les jeunes diplômés (rachats de trimestres jusqu’à 3 ans maximum).

 

On peut se féliciter de ces mesures de justice mais s’inquiéter du silence total sur le déficit des régimes de fonctionnaires et spéciaux (SNCF, RATP…) qui s’élève à 8 milliards par an.

Et que dire des régimes complémentaires (ARCO, AGIRC…) dont le déficit sera de 5 milliards en 2020. Les partenaires sociaux, à défaut de mesures d’âge, seront tenus d’augmenter les cotisations ou de baisser les pensions complémentaires.

 

En conclusion :

La réforme des retraites à la sauce hollandaise est habile car elle règle apparemment le déficit comptable prévu pour 2020, mais crée des dépenses nouvelles que le contribuable français au final paiera par une augmentation des impôts (TVA ou CSG ?). Elle ne réduit pas les déficits des régimes spéciaux et surtout n’apporte guère de mesures d’équité entre tous les régimes (il en demeure 35). En effet, pour ne pas déplaire aux syndicats et aux alliés du PS, le gouvernement refuse toute vision à long terme pour redéfinir un système de retraite par répartition plus juste et plus équitable, c’est-à-dire la retraite par points.

Cette réforme apparaît donc insuffisante au regard des mesures d’âge et avec des hypothèses de croissance et de chômage trop optimistes. La France devra revoir sa copie avant 2020.